Applications alimentaires : comment sont perçus les produits de la filière ?

Terres Univia a étudié l’évaluation des produits de la filière des oléo-protéagineux par les applications mobiles alimentaires destinées aux consommateurs. Résultat : les notations des produits sont très réductrices et ne mettent pas en avant leurs atouts. Un travail collectif sur l’amélioration de la prise en compte des avantages des produits de la filière semble nécessaire.

Dans son groupe de travail sur l’affichage, l’Interprofession a, durant plusieurs mois, passé au peigne fin les applications alimentaires proposées aux consommateurs. Objectif : réaliser une cartographie de ces applications et une analyse des produits de la filière afin de comprendre comment ceux-ci sont perçus par ces applications .

Des notations et jugements non légitimes

Cette analyse a permis de révéler un bon nombre d’erreurs et d’incohérences dans le discours des applications, mais aussi dans leur fonctionnement et leur manière d’analyser et de noter les produits.  La prise en compte et la notation des additifs est la plus emblématique puisque beaucoup d’applications émettent leur propre jugement. A noter aussi : une grande confusion sur le bio, considéré par la majorité des applications comme un logo de qualité ou de santé plutôt qu’environnemental.

En outre, l’analyse de Terres Univia a montré qu’un même produit peut être très bien noté sur une application et très mal sur une autre application en fonction des critères évalués par l’application, ce qui peut engendrer de la confusion. Enfin, si les industriels sont soumis à des normes et des règlementations, ce n’est pas le cas des applications, qui sont libres d’apporter des visions et des jugements non vérifiés par des autorités compétentes, voire non justifiés. « Il pourrait être intéressant que les autorités publiques puissent auditer la pertinence et potentiellement réguler la façon de noter, d’évaluer et de labéliser les produits par les applications. Il est important que les applications puissent justifier de leur légitimité à donner leurs avis. Il semblerait en effet nécessaire que les exigences des applications soient évaluées par une autorité experte compétente indépendante, mobiliser des expertises de gestion des risques ou bien encore de labéliser les applications sur leur pertinence. Les applications sont aujourd’hui une solution très utile mais il faudrait qu’elles se dotent d’expertises scientifiques », recommande l’Interprofession dans son rapport de synthèse.

Peu d’avantages valorisés

Ainsi, dans ces applications, les atouts nutritionnels des huiles, margarines et produits à base d’huile sont très peu pris en compte, de même que les produits au soja et des matières protéiques végétales (MPV), ainsi que les bienfaits environnementaux de ces cultures. Quant aux légumes secs, leurs profils nutritionnels sont bien mis en avant, mais leurs bienfaits et allégations (santé, nutrition, environnement) sont souvent occultés.

Enfin, l’origine est très peu mise en avant et n’est pas un critère de notation pour ces applications. « Ainsi, il semble nécessaire de travailler collectivement à l’amélioration de la prise en compte des avantages de l’ensemble des produits de la filière pour en améliorer leur image sur ces applications qui seront, dans le monde de demain, des outils incontournables du choix alimentaire des consommateurs », indique la synthèse produite par Terres Univia.

Retrouvez la synthèse complète de l'étude sur l'affichage consommateurs

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