Un plan sur les protéines ambitieux pour soutenir les oléo-protéagineux

Le dispositif « France Relance » présenté en septembre dernier par les pouvoirs publics comprend un important volet pour améliorer l’autonomie protéinique et réduire la dépendance aux importations. En quoi consiste-t-il ? Comment va-t-il se déployer ? Revue des premiers détails.

Un plan annoncé dans le cadre de France Relance

Le 3 septembre dernier, le gouvernement a présenté le Plan Protéines comme l’un des leviers pour développer l’économie nationale dans le cadre de « France relance ». Ce Plan Protéines bénéficie d’un investissement de 100 millions d’euros. Cette annonce, attendue depuis longtemps, a été bien entendu applaudie par toute la filière des oléo-protéagineux. Terres Univia s’est très fortement mobilisée avec la FOP et Terres Inovia pour collaborer avec les pouvoirs publics en vue de développer l’autonomie protéinique de la France pour contribuer à une alimentation saine et durable.

Quels sont les objectifs ?

1.Réduire la dépendance aux importations des matières riches en protéines, notamment le soja importé de pays tiers responsables de la déforestation.

2.Améliorer l’autonomie alimentaire des élevages français, à l’échelle des exploitations, des territoires et des filières.

3.Augmenter la production et la consommation des protéines végétales en alimentation humaine.

Quels sont les dispositifs en discussion ?

Structurer les filières à l’aval pour une enveloppe de 50 millions d’euros

Ce premier dispositif consiste à identifier et soutenir :

-Des projets innovants pour accompagner des démarches collectives afin de générer de la valeur pour l’amont et l’aval de la filière. Il devra être mis en œuvre par au minimum deux partenaires indépendants et différents maillons d’une même filière.

-Des investissements à l’aval pour répondre à des objectifs de logistique post-récolte et de transformation pour l’alimentation humaine et animale.

Investir pour l’amont de la filière pour 20 millions d’euros

Ce second dispositif vise à améliorer les agroéquipements des exploitations agricoles afin d’accroître l’indépendance de la France pour mieux s’approvisionner en protéines végétales. Il prendra la forme d’aides aux exploitants sur des investissements plafonnés à 40 000 euros. Une téléprocédure sera dédiée à ce dispositif et accessible dès janvier 2021.

Soutenir la R&D Innovation/Transfert pour 20 millions d’euros

Elle sera en grande partie assurée par les Instituts Techniques, et tout particulièrement Terres Inovia avec ses partenaires. Objectif : renforcer l’acquisition de références et les transférer sur le terrain à un horizon 24-36 mois.

Ce dispositif comprend plusieurs axes forts :

-Trouver de nouvelles solutions en évaluation variétale pour les légumineuses et les oléagineux HiPro et accompagner les producteurs et leurs conseillers pour transformer les systèmes de culture robustes, notamment en zone intermédiaire, mais aussi développer les références en bio, les solutions digitales pour l’aide à la décision des exploitants et les nouvelles technologies pour l’industrie de première transformation ;

-Evaluer et diffuser les références pour améliorer l’autonomie protéique des élevages ;

-Déployer des méthodes d’analyses rapide pour qualifier les productions ;

-Mobiliser l’innovation pour proposer très rapidement des services et des produits développant les chaines de valeur ;

-Mener des diagnostics technico-économiques et de répartition de la valeur et évaluer les flux entre les offres en protéines végétales française et les demandes.

Soutenir l’amélioration variétale pour 5 millions d’euros

Promouvoir les protéines végétales pour la consommation humaine pour 3 millions d’euros

Accompagner les start-up de la filière pour 2 millions d’euros

Ces trois derniers points seront précisés ultérieurement.

Quelle implication pour l’interprofession des huiles et des protéines végétales ?

Depuis plusieurs mois, Terres Univia a été particulièrement mobilisée dans le travail de concertation et de réflexion pour développer les protéines végétales made in France. En 2019, c’est l’interprofession qui a piloté des ateliers pour élaborer des propositions en vue de mieux structurer les filières. Dans le déploiement du plan lancé par les pouvoirs publics, son rôle est également central : « intervenir dans le suivi et le pilotage des projets et des acteurs, mais aussi dans la définition du cahier des charges, pour s’assurer de la cohérence des projets », indique Laurent Rosso, son directeur.

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