Autonomie protéique : le projet PROT€CO dévoile ses résultats


Comment mesurer l’autonomie protéique dans les élevages laitiers, son impact sur les coûts de production et sur les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) ? L’étude PROT€CO soutenue par Sofiprotéol via le FASO amène aujourd’hui quelques éléments de réponse.

Le projet PROt€CO, financé en partie par Sofiproteol via le FASO (Fonds d’Action Stratégique des Oléoprotéagineux), a été mené par Seenovia en collaboration avec plusieurs partenaires (la région des Pays de la Loire, la Chambre régionale d'agriculture des Pays de la Loire, l'association des producteurs Bel Ouest, l’Organisation des producteurs Saint Père, l’Idele, l'APLBC et Vegepolys Valley) afin de mesurer l’impact de l'autonomie protéique dans les élevages laitiers en termes économique et environnementale.

L'étude a impliqué 150 éleveurs bovins laitiers des Pays de la Loire et a utilisé les outils DEVEAUTOP et CAP2ER pour analyser les bilans d'autonomie protéique et les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les exploitations.

L'étude comprenait les étapes suivantes :

L’étude met en évidence que l'autonomie protéique des élevages laitiers est directement liée à la proportion d'herbe présente dans les systèmes alimentaires. Ainsi, on observe une variation de l'autonomie protéique en fonction des modèles d'élevage, avec des moyennes respectives de 81 %, 58 % et 48 % pour les systèmes biologiques, basés sur le maïs et l'herbe, et maïs dominant. Il n'existe pas de corrélation évidente entre l'autonomie protéique et les émissions de GES. Cependant, les exploitations maïs dominant les plus autonomes émettent significativement moins de GES et stockent davantage de carbone. Ceci est rendu possible grâce à une optimisation des rations protéiques et à l'utilisation de matières premières plus efficaces.

Selon les observations de Seenovia, les éleveurs des Pays de la Loire ont identifié certaines stratégies pour accroître l'autonomie protéique de leurs exploitations. En particulier, ils privilégient le renouvellement des génisses et l'intégration de méteils ou de luzernes dans leurs pratiques. Une modélisation économique et protéique a démontré que la réduction de la concentration protéique des rations était le levier le plus efficace pour atteindre cet objectif. Toutefois, il est important de noter que pour en tirer des bénéfices économiques, il est nécessaire d'augmenter le nombre de vaches dans l'exploitation.

Les leviers d'action peuvent être appliqués individuellement ou combinés, leur impact a été évalué selon plusieurs critères : l'autonomie protéique, l'impact économique, la gestion du temps de travail et l'empreinte environnementale.

Trois scénarios combinant différents leviers d'autonomisation protéique ont été testé dans l’étude PROT€CO :

  1. Le premier scénario vise à maintenir les volumes de production tout en optimisant les charges opérationnelles. En réduisant la concentration en azote dans les rations, en diminuant le taux d'élevage et en favorisant la consommation interne de méteil et de pois-féverole, cette approche permet d'augmenter l'autonomie protéique de 15 %.
  2. Le deuxième scénario met en avant des vaches à haut niveau de production. En réduisant le taux d'élevage, en incorporant du méteil dérobé et en favorisant l'autoconsommation de graines de soja toastées, une augmentation de 11 % de l'autonomie protéique peut être obtenue.
  3. Le troisième scénario valorise l'herbe dans un contexte de faible potentiel pour les céréales et le maïs. En augmentant le pâturage, en favorisant l'autoconsommation d'un mélange de méteil et de pois-féverole et en incorporant de la luzerne, cette approche permet d'accroître l'autonomie protéique de 12 %.

Dans l’ensemble, ces scénarios ont un impact économique, un travail et un taux de GES positif pour les éleveurs et leurs exploitations.

Le projet PROT€CO a permis d'évaluer les effets de la mise en œuvre de divers leviers visant à accroître l'autonomie protéique des élevages. Cette approche globale et intégrée offre aux agriculteurs des perspectives concrètes pour optimiser leurs exploitations tout en prenant en compte les enjeux protéiques, économiques, de travail et environnementaux.

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