Zoom sur Arsène, la start-up lauréate du Cap Protéines Challenge 3


© Arsène
Arsène, lauréat du Cap Protéines Challenge 3

Lors de la 3ème édition du Cap Protéines Challenge, qui s’est tenu le 14 mai à Angers et soutenue par Terres Univia, c’est Arsène et sa boisson au café à base de lupin qui a remporté l’adhésion du jury. Interview d’Apolline Correia Lopes, l’une des trois jeunes co-fondatrices.

 Arsène photo de groupe (2024)

Comment est née l’idée d’Arsène ?

Avec Margaux Laval et Maiann Dautrey, nous suivions le même cursus, dans une école d’ingénieurs en agroalimentaire, Oniris, à Nantes. Pour notre projet de fin d’études, nous devions concevoir un produit éco-responsable. Or, le café est l'une des boissons les plus consommées au monde et, en même temps, il a un impact environnemental désastreux : c’est le 6éme produit le plus déforestant et la culture du café est, en outre, menacée par le changement climatique, d’autant qu’elle demande beaucoup d’eau. Les études montrent, en effet, une diminution de 50% de la culture de l’arabica d’ici 2050. D’où notre idée de trouver une alternative au café sans sacrifier son goût.

Pourquoi avez-vous pensé au lupin comme substitut au café ?

En passant en revue les alternatives au café, nous nous sommes aperçues que peu d’offres étaient disponibles sur le marché français : la chicorée est la plus connue, mais elle n’a pas le goût du café. Dans les pays nordiques et en Allemagne, nous avons découvert que le lupin faisait partie des composants des substituts au café. Or, cette légumineuse possède de nombreux atouts pour le sol, et donc pour l’environnement. C’est ainsi qu’est né Arsène, en clin d’œil humoristique au lupin.

Comment avez-vous conçu un substitut au café à base de lupin ?

Nous nous sommes rapprochés de torréfacteurs, qui nous ont expliqué quels étaient les procédés. Pendant plusieurs mois, nous avons fait des tests qui ont abouti à une torréfaction du lupin donnant, une fois broyée, une poudre de “café” avec un goût très satisfaisant, intégrée dans des capsules de type Nespresso compostables. Avec ce concept, Arsène a concouru à un premier concours, Ecotrophelia, en 2023, et a gagné deux prix. C’était une première reconnaissance du projet.

Une première étape franchie avec succès qui vous a décidé de vous engager à plein temps sur le projet, c’est bien ça ?

Oui, une fois diplômées, nous avons rejoint Pépite, un pré-incubateur, pour affiner le projet. Après une étude de marché, nous avons conçu une offre sans capsule, en café moulu, car elle correspondait davantage à notre cible de clients, des consommateurs plutôt engagés, flexitariens et prêts aux changements pour réduire leur impact environnemental. Plusieurs mois de recherche et développement ont permis d’aboutir au produit que nous voulions lancer : du café moulu à base de lupin, mais contenant aussi du pois chiche et de la chicorée par exemple (car il y a encore d’autres matières premières).Nous avons fait connaître notre boisson auprès d’un panel de 400 consommateurs, ce qui nous a conforté dans l’attrait d’Arsène.

Et maintenant, quels sont les projets ?

A la rentrée 2024, nous lançons une campagne de crowfunding pour financer la préparation et l’envoi de commandes à des particuliers, en vente directe. Il est également prévu, d’ici 2025, de créer un site de e-commerce et de démarcher des cafés et hôtels-restaurants. A long terme notre objectif est bien-sûr de viser les grandes surfaces car, pour faciliter la transition alimentaire, il est important que le produit soit accessible à tous.

 

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